Liban : stratégie nationale pour le secteur des eaux usées

En 2012, la population du Liban était estimée à 4,3 millions de personnes. Sur les quelques 310 millions de m3 d’eaux usées générées sur l’année, environ 250 millions de m3 étaient d’origine domestique, contre 60 millions d’origine industrielle. On estime que seulement 8 % des eaux usées générées au Liban sont traitées. Environ 11 % de la population bénéficie de systèmes d’eaux usées gérés de manière sûre dans les gouvernorats du Nord et du Sud, contre seulement 7 % et 3 % dans le grand Beyrouth et la Bekaa, respectivement. L’essentiel des eaux usées collectées est déversé dans les eaux de surface et la mer Méditerranée. Les fosses septiques autonomes ont contaminé les ressources en eaux souterraines, telles que les sources de Jeita qui assurent l’approvisionnement du grand Beyrouth. Les effets néfastes liés à une collecte, un transfert et un traitement inappropriés des eaux usées accentuent les risques pour la santé et l’environnement. La stratégie nationale pour le secteur de l’assainissement de 2012 comportait cinq grands axes stratégiques : i) un programme d’investissement intégré prioritaire en faveur de la collecte, du traitement et de l’utilisation des eaux usées ; ii) des mesures légales, réglementaires et politiques permettant d’établir des normes et de les règlementer ; iii) des dispositions institutionnelles visant à établir les responsabilités et à créer les capacités nécessaires à la prestation des services ; iv) des mesures financières en faveur de services fiables et peu coûteux ; et v) des initiatives visant à encourager la participation du secteur privé dans le domaine des eaux usées. Le coût de mise en œuvre a été estimé à 3,1 milliards de dollars américains pour des travaux prévus entre 2012 et 2020. Malheureusement, la mise en œuvre de cette stratégie a été interrompue en raison d’un manque de financement et de l’instabilité résultant des incertitudes politiques et des conflits en cours dans la région.