Les fausses bonne innovations environnementales

Les innovations comme les éclairages à LED ne sont pas uniquement bons pour l’environnement: ce sont des investissements rentables pour les entreprises. Les personnes qui gagnent leur vie en jouant en bourse font face à un dilemme. Les actions ont atteint des sommets et semblent peu susceptibles de grimper encore. La croissance est minime en Europe et au Japon. L’économie chinoise ralentit. Les perspectives économiques sont si peu encourageantes que les taux d’intérêt sont remarquablement bas. Dans un monde qui stagne, les rendements attractifs semblent difficiles à trouver. Mais lorsque j’entends des professionnels se plaindre qu’il est difficile de trouver des investissements prometteurs, j’ai souvent envie de leur faire avaler une ampoule. Une LED, en l’occurrence. Parce que, oui, il existe encore des investissements qui offrent des rendements incroyables. Dans une certaine mesure, le problème n’est pas le manque d’options correctes, mais le manque d’imagination. Prenez les ampoules électriques. Sérieusement. Il serait assez phénoménal de trouver un investissement qui permette de récupérer l’intégralité du capital investi dans les deux ans, puis de toucher des dividendes de l’ordre de 50% pour chacune des 18 années suivantes. Cela reviendrait à doubler son investissement dans les quatre ans et le quadrupler dans les huit ans. C’est la promesse qu’une société de Boston baptisée Digital Lumens fait (et semble, pour l’instant, tenir) à un nombre croissant d’actionnaires du monde entier. Les LED utilisent 80% d’électricité en moins que les ampoules traditionnelles pour produire la même quantité de lumière. Si l’on rend les LED plus «intelligentes» (avec des variateurs d’intensité, des capteurs et des logiciels qui ajustent la lumière aux conditions extérieures et à l’utilisation de l’espace), les économies d’énergie seront encore plus importantes. Pour tout dire, Digital Lumens promet carrément 100% de lumière pour seulement 10% du prix actuel. Fondée en 2008, la société fabrique et installe toutes sortes d’équipements lumineux et autres sortes d’éclairages. «L’idée était de combiner plusieurs tendances émergentes: les LED et les technologies dites “intelligentes”, explique Tom Pincince, le PDG de Digital Lumens, et puis de les marier ensemble, avec l’idée de rendre chaque lumière “intelligente”, ce qui conduirait encore à de nouveaux niveaux d’efficacité.» Certes, elles sont beaucoup plus chères à l’achat que les vieilles lampes à incandescence ou les tubes fluorescents, mais la consommation électrique des LED est si basse qu’elles constituent un investissement efficace (en particulier dans les bâtiments qui sont éclairés la majeure partie de la journée). Prenons un exemple hypothétique fourni par Tom Pincince. Imaginez un bâtiment de 10.000 m² avec une facture électrique annuelle de 100.000 dollars, uniquement pour l’éclairage. Le client achète le nouveau système entre 150.000 dollars et 250.000 dollars. La facture électrique chute à 10.000 dollars, ce qui permet d’économiser 90.000 dollars par an. Grâce aux économies sur la facture électrique, le client rentabilise entièrement son investissement en l’espace de 18 à 33 mois. Et puisque les systèmes peuvent durer une douzaine d’années, les clients vont continuer à économiser annuellement 90.000 dollars durant un bon nombre d’années. D’après Tom Pincince, le temps moyen pour rentabiliser un équipement Digital Lumens est de deux ans. Bien entendu, les résultats varient selon les endroits. Un centre commercial où les lumières restent allumées 18 heures par jour rentabilisera plus vite son investissement qu’un entrepôt dans lequel les lumières ne sont allumées que six heures par jour. Les clients auxquels j’ai parlé confirment cela. «Digital Lumens nous a proposé des moyens très efficaces pour utiliser ces lumières», explique John Fershtand, directeur des opérations et de la gestion de l’énergie pour Ben E. Keith, grande entreprise texane de distribution alimentaire, qui compte neuf centres de distribution dans le sud-ouest du pays, allant de 14.000 à 55.000 m². En 2012, Ben E. Keith a rééquipé une zone réfrigérée de 10.000 m² dans un entrepôt à Amarillo, au Texas, avec des lumières Digital Lumens. John Fershtand a remarqué que, par rapport aux ampoules flurorescentes, les LED fonctionnent bien dans le froid. Et elles ont tenu leurs promesses financières.