Le dilemme de la sécurisation des aéroports

Le renforcement de la sécurité dans et aux abords des aéroports s’avère très complexe et coûteux. «Les dix travaux d’Hercule pour arriver jusqu’à son siège. Les passagers arrivent déjà dans l’avion très énervés par les contrôles à l’enregistrement, imaginez ce que ce sera s’ils en ont subi plusieurs avant ceux qui existent déjà.» Ce spécialiste de la sécurité aéroportuaire vient de résumer le dilemme auquel sont confrontés non seulement les aéroports comme Orly et Roissy, mais aussi la plupart des aéroports européens. Depuis les attentats de Bruxelles le 22 mars 2016 et d’Istanbul le 28 juin 2016, rien n’a vraiment changé, en matière de sécurisation des aéroports. «Tout est sur la table mais personne ne tranche la question», affirme cet expert de la sécurité aérienne. Au centre des interrogations, le contrôle aux abords des aéroports, en dehors des bâtiments, avec la crainte qu’il ne crée des files d’attente vulnérables en cas d’attaque terroriste. Le renforcement de la sécurité doit relever trois défis. À commencer par la question de la liberté d’aller et venir des biens et des personnes. «Dans les pays du Sud, et singulièrement dans les pays d’Afrique, certains pays du Maghreb ou en Chine, des checkpoints sont déjà installés à deux kilomètres de l’aéroport. De plus, l’une des règles pour entrer dans la zone aéroportuaire est celle d’“une personne pour un billet d’avion”. Un premier tri auquel ne sont pas forcément prêts les passagers. Ne serait-ce qu’à cause de l’aggravation des embouteillages que cela engendrerait aux abords de certains aéroports», affirme cet expert qui relève l’obsolescence de certaines infrastructures aéroportuaires. Il rappelle que les aéroports parisiens, notamment, continuent de vivre dans «la plus grande pagaille. Il n’y a qu’à voir les zones de retrait de bagages, celles de desserte des taxis, et maintenant des VTC et des taxis-motos.