Cannes Glamour

Cannes reste une destination glamour quoi qu’il advienne. Il y a des villes, ou malgré les évènements, malgré ce qui se dit, la ville attire toujours autant. C’est le cas de Cannes qui accueille le festival international du film, mais aussi de très nombreux autres évènements internationaux, notamment le Mipim, qui est lui aussi, aussi glamour que le festival du film, avec ses yachts et businessmen. Mais Cannes reste le cinéma. Voici ce que l’on peut lire dans l’excellent Figaro Culture notamment à l’approche du festival de Cannes: Un immeuble anonyme, dans une rue tranquille, au cœur du VIIe arrondissement de Paris. Fixée sur le pas de la porte, juste une plaque avec une palme dorée, symbole du Festival de Cannes. Passée la porte d’entrée en verre, la réception est juste là: un fauteuil, un canapé clair et des affiches en noir et blanc accrochées aux murs. Hitchcock, Faye Dunaway, Marilyn, Brigitte Bardot, Mastroianni, Cary Grant… Glorieux aînés qui surveillent comme des sentinelles ce festival né juste après la Seconde Guerre mondiale. Ils rappellent aux ­visiteurs – cinéastes, acteurs et producteurs venus plaider leur cause – qu’il leur faudra encore un peu attendre pour être un jour à leur place ou bien ­disparaître dans les oubliettes. La tour Eiffel est proche, ça tombe bien. Pour les Américains, «Cannes, c’est comme visiter la tour Eiffel, le monde entier a envie d’y aller.» Simplicité de bon aloi et couleurs claires sont de mise dans ces locaux de 800 m² où transitent, chaque année, quelque 1 500 films en lice pour la sélection officielle, véritable tremplin pour une carrière internationale. Le tri est drastique: seulement cinquante à soixante longs et courts métrages sont retenus. Tout se joue dans la salle de projection au sous-sol, équipée en numérique et dotée de onze sièges. C’est là, pendant tout l’hiver, que les deux comités de sélection (français et étranger), animés par le délégué général Thierry Frémaux, visionnent les films, les retiennent ou les éliminent. Six à sept films par jour, quinze le week-end en période de surchauffe. Un troisième comité, composé de cinq jeunes bénévoles, les assiste. En ce début du mois de juin, l’ambiance est étrangement calme à tous les étages, six au total, avec terrasse sur les toits de Paris. Au Marché du film, dirigé par Jérôme Paillard, l’équipe est déjà sur la ligne de départ pour l’édition 2013. C’est le centre névralgique d’un festival qui accueille chaque année quelque 11 000 à 12 000 exposants venus du monde entier. Il s’agit de tout organiser, depuis les accréditations jusqu’aux projections en passant par la réservation des stands et les emplacements du Village international. Sans ce marché, lancé dans les années 1970, pas de ressources pour le Festival de Cannes, association loi de 1901 qui réussit à équilibrer son budget entre ses propres recettes, les subventions publiques et le ­mécénat. Un luxe qui lui permet de garantir sa ­propre assurance en cas d’annulation. À l’étage du service de presse, on range des cartons, on trie des archives, on consulte des milliers de coupures de presse qui seront envoyées ensuite à la Cinémathèque française. La routine après le coup de feu du mois de mai où il s’agit de prendre soin, 24 heures sur 24, d’une tribu disparate et sensible, les médias du monde entier. Dans son bureau où les livres, les lithographies et les dessins voisinent avec des DVD et une table de montage numérique, siège le président Gilles Jacob. Cinéphile géomètre et adepte du tweet, il veille au bon déroulement d’une institution qui a survécu aux tempêtes et s’est imposée comme le numéro un mondial face à Venise et à Berlin. «La force du festival, c’est sa qualité d’accueil, avec ses rituels comme la montée des marches et les dîners de gala, souligne-t-il. Une sorte de label France pour les professionnels du monde entier qui viennent ici défendre et vendre leurs films.» Lire la suite: http://bit.ly/RpNcS1