2 ans pour 1 chanson

La démocratie de Poutin est décidément bien loin de la notre. En tout cas le message est clair, si vous êtes contre moi, vous finirez au trou. C’est le message lancé par l’administration Poutin à tous ses détracteurs. Le procès des Pussy Riot est un exemple pour les démocraties occidentales sur la réalité du pouvoir installé en Russie. Voici le relevé d’information tiré de Ouest France: Le procureur de Moscou avait requis trois ans de camp à l’encontre des trois membres du groupe punk Pussy Riot, la peine maximale pour « hooliganisme » étant de sept ans. La juge Marian Syrova les a condamnées à deux ans, à l’issue d’un procès qui a acquis une résonance internationale. Les attendus du jugement ont été, en grande partie, ceux avancés par la procureure, le 7 août. Ils mettent l’accent sur la notion de « sacrilège » d’un acte motivé par la « haine de la religion ». Le 21 février, Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, Maria Alekhina, 24 ans, et Ekaterina Samoutsevitch, 30 ans, avaient chanté une « prière punk » dans la cathédrale du Christ-Sauveur, à Moscou. Encagoulées, debout sur l’autel, elles avaient entonné, avec guitares et sonorisation : « Vierge Marie, chasse Poutine ! ». Les camps dans lesquels elles vont être emprisonnées, après six mois de détention provisoire, sont hérités du Goulag de l’ère soviétique. Dans les régions les plus reculées du pays, des baraquements de 100 à 200 lits accueillent des foules de femmes vêtues du même uniforme, travaillant dans des usines pour un salaire modique. Condamnées pour avoir « violé l’ordre public » et « offensé les sentiments des croyants », les membres de Pussy Riot ont écouté le jugement en souriant, dans leur cage vitrée. « Personne ne pourra me prendre ma liberté intérieure », avait scandé Maria Aliokhina au cours du procès. Le dernier jour, Nadejda Tolonnikova avait lancé à la juge : « Derrière nos barreaux, nous sommes plus libres que ceux qui nous accusent. » La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, « profondément déçue », a jugé la sanction « disproportionnée », au même titre que le ministère français des Affaires étrangères, « compte tenu des faits mineurs qui leur sont reprochés ». Le secrétaire d’État autrichien aux Affaires étrangères, Wolfgang Waldner, a souligné que le verdict était « en infraction avec la Convention européenne des droits de l’homme sur la liberté d’expression ». L’Église orthodoxe russe a prôné « la clémence » envers les trois jeunes femmes, « dans l’espoir qu’elles renonceront à toute répétition de ce genre de sacrilège ». Jusqu’alors, l’attitude intransigeante de la hiérarchie orthodoxe russe a écorné l’image de l’Église dans la société et troublé une partie des fidèles, y compris des prêtres, pour qui pardonner aux jeunes femmes aurait été plus conforme aux valeurs chrétiennes. Avec Ouest France