Ou en sont les hedge funds ?

Depuis 2009, l’indice Standard & Poor’s est passé du niveau 100 au niveau 300. L’indice de performance des hedge funds calculé par Hedge Fund Research (HFR) est à 150, à peu près au même niveau que l’indice global des obligations américaines. Le style de gestion des hedge funds représente l’archétype de la gestion active?: ils recherchent une performance absolue et non relative par rapport à un benchmark, et de surcroît décorrélée par rapport aux autres classes d’actifs?; ils ne sont pas réglementés par une autorité de marché dans la mesure où ils ne font pas appel public à l’épargne?; ils utilisent en général un fort effet de levier et peuvent investir dans n’importe quelle classe d’actifs cotés ou non cotés et vendre à découvert?; les gérants de hedge funds y investissent eux-mêmes leur propre argent pour des montants significatifs?; et, last but not least, leur rémunération est élevée, et de surcroît fortement indexée sur leurs performances de gestion, selon la fameuse norme “2 and 20”, c’est-à-dire des frais de gestion de 2?% des actifs sous gestion, et de 20?% des performances obtenues. “Le style de gestion des hedge funds représente l’archétype de la gestion active?: ils recherchent une performance absolue et non relative par rapport à un benchmark, et de surcroît décorrélée par rapport aux autres classes d’actifs” Et c’est là que le bât blesse, même si ces coûts de gestion sont sur une tendance baissière. Ainsi en 2015, le “2 and 20” fut en réalité “1,7 and 15?%” mais c’est encore beaucoup par rapport aux autres véhicules de gestion?: 0,77?% pour les fonds mutuels diversifiés, 0,68?% pour les fonds mutuels exclusivement actions et 0,54?% pour ceux exclusivement en obligations, et seulement 0,11?% pour une gestion passive dans des trackers actions. Les rémunérations pouvaient se justifier à l’époque glorieuse des pionniers de l’industrie, les George Soros, Paul Tudor Jones et Julien Robertson, et du modèle d’investissement popularisé par les fonds de dotation des grandes universités telles que Yale ou Harvard, qui ont généré une performance annuelle de 14?% pendant vingt ans autour des années 1990. Mais ces rémunérations apparaissent aujourd’hui très excessives par rapport aux performances évoquées plus haut. Comment justifier des niveaux de frais fixes de gestion de l’ordre de 2?% des actifs gérés dans l’environnement déflationniste d’aujourd’hui où les taux monétaires et obligataires sont proches de zéro?? Malgré tout, l’industrie des hedge funds semble encore très prospère. Au début des années 2000, HFR recensait l’existence de 3?102 hedge funds aux États-Unis gérant 456?milliards de dollars. Il y en a aujourd’hui 8?474 gérant près de 3?000?milliards de dollars. Mais après le flux semble poindre le reflux. Trimestre après trimestre, des investisseurs sortent des hedge funds et pour des montants significatifs. L’âge d’or de l’industrie semble appartenir au passé. “Comment justifier des niveaux de frais fixes de gestion de l’ordre de 2?% des actifs gérés dans l’environnement déflationniste d’aujourd’hui où les taux monétaires et obligataires sont proches de zéro??” Avec un nombre de fonds et des montants gérés aussi importants, il est de plus en plus difficile de faire la différence, d’autant que la qualité des gérants s’est amoindrie. Une preuve supplémentaire d’une certaine efficience des marchés financiers.

La féminisation du business

Première actualité?: un ministre de l’Economie qui, à propos de la rémunération des dirigeants, tance cette gouvernance des conseils d’administration des grands groupes qui ne représente pas suffisamment les intérêts des actionnaires, leurs idées exprimées en assemblée générale. La seconde actualité concerne une révolution silencieuse mais fondamentale qui, justement, transforme radicalement la composition de ces conseils en obligeant à les féminiser à 40?% d’ici à la fin de l’année. Cette introduction de diversités (âge, formation, expériences, façon de penser…) est un levier de transformation dont on mesure encore mal les conséquences, mais qui mettra sans nul doute fin aux rituels entre-soi basés sur le donnant-donnant qui anima longtemps l’activité de ces enceintes feutrées. Il reste certes du chemin pour respecter la loi. Mais cette dernière ne précise pas le vrai changement. Celui des véritables lieux de pouvoir à investir. Les comités de rémunération et de nomination. “Cette introduction de diversités (âge, formation, expériences, façon de penser…) est un levier de transformation dont on mesure encore mal les conséquences” Sans doute l’un des enjeux majeurs de ces assemblées générales qui réunissent actuellement les actionnaires. Et pourtant, ce n’est pas celui qui les animera le plus, loin de là. La féminisation à marche forcée des conseils d’administration est devenue une obligation légale depuis la loi Zimmerman (2001), puisqu’à la fin de cette année, les entreprises de plus de 500 salariés et réalisant plus de 50?millions de chiffre d’affaires devront impérativement compter 40?% de femmes dans leur conseil d’administration. Or selon une étude du chasseur de têtes Éric Salmon, début 2016, avant leurs AG, certains groupes étaient loin du compte?: 7?% de femmes au conseil de Lafarge Holcim, 16?% chez Airbus, moins de 19?% chez Essilor ou encore 20?% chez Casino, qui devra donc doubler cette proportion en quelques mois. D’ailleurs, seul un tiers des 60 premiers groupes français satisfont cette politique de quota qui passera leur conseil d’administration au rang des plus féminisés d’Europe. “Les nominations en cours dans les assemblées générales laissent penser qu’un grand nombre d’entreprises atteindront l’objectif de 40?% de femmes dans leur board” estime Éric Aubert, managing partner d’Éric Salmon Paris. Première conséquence de ce volontarisme, aussi talentueuses soient-elles, toutes les candidatures masculines sont donc récusées au profit d’un conjoncturel monopole féminin… venant compenser, il est vrai, un autre monopole beaucoup plus ancien. Mais les conseils ont, simultanément, trois autres contraintes à satisfaire en plus du genre des administrateurs/trices. Rajeunir des conseils dont la moyenne d’âge est des plus respectable, tout en les internationalisant – mondialisation oblige – et surtout en leur donnant une coloration beaucoup plus moderniste pour négocier le virage digital, puisque ce domaine est devenu si stratégique. “Les conseils ont, simultanément, trois autres contraintes à satisfaire en plus du genre des administrateurs/trices. Rajeunir des conseils dont la moyenne d’âge est des plus respectable, tout en les internationalisant et surtout en leur donnant une coloration beaucoup plus moderniste pour négocier le virage digital” Trois missions prioritaires rassemblées sur les épaules de ces nouvelles arrivantes, dont on ne peut dire qu’en amont, les viviers sont d’une richesse débordante. Tant le profil recherché est exigeant. Voilà pourquoi plus d’un tiers – 36?% – des femmes choisies vient de l’étranger. Tandis que les viviers des Comex, cible des chasseurs, ne sont pas d’une générosité phénoménale, tant en amont les très hautes responsabilités des comités de direction se déclinent rituellement au masculin. Pourtant, sur l’exigeant cahier des charges définissant chaque recherche, il est indispensable de cocher la case “responsabilités opérationnelles”, lesquelles font figure de must. Si l’on trouve peu de responsables marketing ou RH parmi les candidates choisies, “40?% des femmes viennent de la finance. Ce sont des bûcheuses à qui on demande de vérifier les comptes” constate Lorraine Kron-du-Luart chez Éric Salmon. Pointant au passage une différence radicale avec les candidats?: “Si les hommes ne doutent vraiment de rien, les femmes s’autolimitent et brident leurs ambitions, même les plus brillantes des multidiplômées”. Pour compenser la sécheresse des viviers classiques et jouer la carte d’une diversité enrichissante, la chasse se joue du côté des jeunes femmes entrepreneuses, aux premiers rangs de la mutation digitale. Bonne façon de satisfaire les exigences de ces rares profils. Si aujourd’hui, la finance demeure la voie royale, déjà empruntée par Patricia Barbizet, Dominique Senequier ou encore Virginie Morgon, les autres gisements de candidats relèvent de pistes autrement moins balisées, selon une typologie dressée par ces professionnels du search?: les “corporate” – 4 sur 10 – ayant déroulé différentes facettes de leur carrière dans de grandes organisations (Valérie Bernis, Cathy Kopp, Mouna Sepheri), les “outsiders” – 10?% – apportant par leur parcours une expertise disruptive (Yzeulis Coste, Virginie Calmels, Claudie Haigneré), les “personnalités” – 10?% – incarnant un engagement des femmes dans la société civile (Laurence Parisot, Mercedes Erra, Cherie Blair), et enfin “les héritières” (F. Bettencourt, E.?Badinter, M.?Bolloré…) qui ont leur nom comme viatique.

Vacances Russes

Ceux qui me connaissent le savent : je vomis copieusement tout ce qui se rapproche d’un voyage de groupe. Je ne supporte pas l’idée de voyager en troupeau, et de devoir supporter les défauts de personnes que l’on ne connaît ni d’Eve ni d’Adam. Pourtant, il y a peu, je me suis tout de même laissé tenter : j’en ai réalisé un à Moscou en Russie. Ce choix peut paraître curieux, mais il ne s’agissait en tout état de cause pas d’un voyage en troupeau : nous n’étions que 8 personnes à participer, et partagions qui plus est les mêmes centres d’intérêts. En outre, si chaque déplacement s’effectuait bien en minibus, nous étions libres le reste du temps de partir en goguette loin du groupe. Cette liberté fait que je me suis laissé tenter, et qu’au final, j’ai profité de chaque minute de ce voyage. En effet, je n’ai pas eu à stresser pour tout organiser, que ce soit pour le circuit, le coucher, ou les visites culturelles. Un régal ! D’autant que ma femme et moi avons pu explorer chaque site de notre côté, sans jamais devoir rester au sein du groupe. Un vrai bonheur et un luxe que j’ai fortement apprécier ! Mieux encore, quand les circonstances nous ont obligés à passer du temps tous ensemble (que ce soit durant les déplacements ou au soir, au dîner), nous avons tous passé d’excellents moments. De fait, nous avons même pris les coordonnées d’un autre couple avec qui nous avons sympathisé au dîner. Je ne sais absolument pas si nous les appelerons (les complicités qui naissent dans le cadre d’un voyage ont généralement tendance à s’étioler hors du cadre du voyage), mais le simple fait que nous ayons voulu échanger nos coordonnées indique assez que l’ambiance était au rendez-vous. Attention, je ne prétends pas non plus que le groupe tout entier nous a intéressé. Je me souviendrai notamment longtemps d’un couple raciste parmi les participants, dont les propos avaient tendance à choquer pas mal de gens (d’autant qu’ils ne prenaient pas la peine d’être discrets : n’importe qui pouvait les entendre, et notamment la cible de leurs commentaires). J’ai même vu dans les yeux de notre guide qu’il avait parfois une furieuse envie de les abandonner au milieu de nulle part. Mais bon, c’est au final le seul problème qu’il y ait eu. Hormis ça, le reste du séjour a été un vrai plaisir, et l’ambiance était très agréable. Voilà le site de l’agence qui s’est occupé de ce voyage en Russie, si vous voulez jeter un coup d’oeil. Si vous devez un jour faire un voyage de groupe, c’est clairement dans ces conditions qu’il faut le faire, et non au sein d’un troupeau de 80 personnes, à suivre le parapluie de votre guide et à tendre l’oreille pour espérer entendre quelque chose !

Du nucléaire au Larzac

Quand la grand-messe de la lutte contre le réchauffement climatique pourfend les arguments… des militants écologistes ! Le lecteur qui me fait l’amitié de jeter un coup d’oeil, de temps à autre, sur cette petite chronique sait combien son auteur est assez peu réceptif à la complainte lancinante du réchauffement climatique. Les contre-vérités, les affirmations péremptoires, les leçons de morale et la culture de la culpabilité que développent depuis bientôt deux décennies les écologistes de salon et d’appareil me laissent assez froid. Je n’aime pas le gaspillage, mais je n’aime pas l’enfumage et j’ai une fâcheuse tendance, je l’avoue, à ne pas prendre au sérieux cette nouvelle religion qui tend à confondre Dieu et la Nature. Pourtant le prosélytisme dont elle a bénéficié dans notre pays depuis l’ouverture de la Cop21 et ce, malgré l’assaut terroriste dont notre pays a été l’objet, dépasse l’entendement. Je m’étonne même que les défenseurs sourcilleux de la laïcité n’aient pas multiplié les plaintes et les protestations contre la reconnaissance quasi officielle par la République de cette forme d’animisme millénariste qui exige de l’homme qu’il s’incline devant la libellule, l’ours polaire ou l’épi de maïs sous peine de disparaître dans des tourments affreux. J’ai même entendu des hommes venir expliquer sur nos écrans d’un ton grave et inspiré que la consommation de viande était un crime, non pas contre le règne animal mais contre la couche d’ozone dangereusement menacée par le pet des vaches… À ce niveau de délire, je n’attendais rien d’autre de la Cop21 qu’elle se termine et que l’on puisse à nouveau faire du feu dans les cheminées, prendre sa Volkswagen ou manger de l’ananas sans risquer l’ex-communication sociale. Or, la divine surprise est justement venue de cette même Cop21. Le 3 décembre dernier, à l’occasion de l’un de ces interminables symposiums organisés au Bourget, quatre climatologues émérites ont lancé un appel à une expansion massive de l’énergie nucléaire. Elle, qui ne représente aujourd’hui que 11 % de l’énergie produite dans le monde, devrait passer à 17 % avant 2050. C’est James Hansen, l’un des grands prêtres du réchauffement climatique, qui se trouve être à l’initiative de cet appel. Pour ces savants, révérés hier encore par des foules hirsutes et végétariennes, le nucléaire est la seule énergie suffisamment efficace pour lutter contre le réchauffement. À les entendre, massacrer nos paysages par des champs d’éoliennes ou défigurer nos toitures par des panneaux solaires serait à peu près aussi efficace pour faire baisser la température moyenne que de brancher le réfrigérateur sur un vélo d’appartement et en espérer des glaçons. Soljenitsyne révélant l’enfer concentrationnaire soviétique n’a pas fait plus de dégâts chez les communistes français que cet appel des quatre en faveur du nucléaire ne vient d’en faire chez nos écologistes. Du plateau du Larzac jusqu’aux pâturages de Notre-Dame-des-Landes, ce n’est qu’un hululement de désespoir. Voilà bientôt un demi-siècle qu’en combattant le nucléaire, les “écolos” se sont faits les complices du réchauffement climatique. Ils devraient avoir honte !

L’Algérie aux islamistes ?

Le récent séjour médical d’Abdelaziz Bouteflika à Grenoble et la vague de limogeages qui affecte l’appareil sécuritaire algérien confirment l’accélération du processus de transition à Alger, dont devraient profiter les “néo-islamistes” algériens. Réélu pour un quatrième mandat, en avril 2014, Bouteflika ne gouverne plus que sous le contrôle de son frère Saïd et du clan présidentiel. L’armée est déjà à leur botte. Ils sont en train de casser le redoutable DRS (Département du renseignement et de la sécurité), la seule structure encore capable de s’opposer à eux. Réputé inamovible depuis vingt-cinq ans, son chef, le mystérieux général Mohamed Lamine Mediène, “Toufik”, vient d’être brutalement débarqué, comme le patron de l’antiterrorisme, le chef de la garde présidentielle et une quarantaine d’autres généraux ou officiers, écartés ou emprisonnés pour d’obscures raisons. “Toufik” ne veut pas se laisser étouffer. Il vient de dénoncer « une injustice » à l’égard de ses anciens subordonnés, appelant à « laver l’honneur des hommes qui se sont entièrement dévoués à la défense de l’Algérie ». Cette sortie sans précédent — “Toufik” ne s’était jamais exprimé publiquement — confirme les fortes tensions au sommet de l’État. « Le couteau a atteint l’os » (la situation est grave), dit Khalida Toumi, ex-ministre de la Culture, membre du “groupe des 19”, des cadres de la nomenklatura algérienne qui demandent à être reçus par Bouteflika. « Le président est pris en otage par son entourage direct », estime Lakhdar Bouregaâ, ancien commandant de la wilaya IV (Algérois), membre de ce groupe. Tous redoutent l’arrivée au pouvoir des islamistes que Bouteflika a amnistiés de façon très généreuse depuis 1999 puis insérés au plus haut niveau de l’économie algérienne. Proches de l’AKP turc, ces “islamo-conservateurs” avaient un dernier obstacle à lever : la menace latente du DRS, aux ordres des généraux “éradicateurs” qui les avaient vaincus entre 1992 et 1999. Leur élimination ouvre aux barbus algériens les portes du pouvoir. Bouteflika leur laissera un beau cadeau : la plus grande mosquée d’Afrique, Djamaâ El Djazaïr, dotée d’un minaret de 270 mètres dominant la baie d’Alger. Ce projet pharaonique — la “mosquée Bouteflika” — devrait coûter 1 milliard d’euros.

Piloter un avion, c’est facile

A Noël, entre une cravate et un pull moche, se cache parfois une pépite. Comme cette année, où j’ai eu la surprise de recevoir un stage de pilotage d’avion ! Un cadeau folklorique de mon épouse qu’il me tardait d’essayer. Quelques jours après l’avoir reçu, j’ai donc appelé le club de pilotage pour réserver une date. Et c’est ainsi que, le week-end dernier, je suis parti à Rennes avec ma dulcinée pour m’envoyer en l’air. Nous y avons rencontré Matthieu, un pilote de formation qui allait être mon pilote-instructeur. Après qu’il nous ait fait un brief, nous sommes montés à bord de l’appareil et j’ai pris place côté pilote. L’appareil avait quatre places, ce qui fait que ma sucrette a pu monter derrière en tant que passagère. Je croyais que mon pilote-instructeur allait prendre en charge le décollage et l’atterrissage, deux phases plutôt techniques. Mais comme je n’avais pas l’air trop angoissé, il a décidé que je pouvais m’en sortir seul ! Et là, je dois dire que j’ai eu une bonne montée de stress ! Mais en fait, ce n’était pas aussi inconscient que ça peut en avoir l’air : l’appareil était de type auto-école, et toutes les commandes étaient donc doublées. Matthieu pouvait ainsi reprendre la main si nécessaire. Mais la partie décollage s’est avérée assez facile, en fin de compte. Lorsque l’appareil a atteint une certaine vitesse, il m’a suffi de tirer délicatement sur le manche, et l’avion a quitté la piste. Magique ! Et je peux vous dire qu’en altitude, ce n’est que du bonheur. Les petits appareils s’avèrent extraordinairement maniables. En fait, j’ai même trouvé ça plus facile à piloter qu’une voiture. En altitude, on se déplace certes en 3 dimensions, mais il n’y a en même temps ni obstacle ni circulation. De sorte qu’on peut passer sa licence de pilote avant même d’être assez âgé pour le permis de conduire ! Même si ça exige une certaine concentration. Si l’appareil est maniable, il est loin de faire le poids d’un Airbus : la moindre bourrasque suffit à le faire ballotter. Il faut donc rattraper le coup avec le manche. Mais bon, ce n’est pas bien compliqué. Le seul moment un peu délicat, finalement, a été l’atterrissage. Mais même ce moment-là, Matthieu est resté les bras croisés, confiant. J’ai beaucoup apprécié cette sympathique initiation au pilotage d’avion. Et au-dessus de Rennes, la vue est en outre ravissante ! Suivez le lien pour en savoir plus sur cette initiation au pilotage d’avion à Rennes.

Quand les alliés renforcent Daesh

Les frappes des Etats-Unis et de leur coalition en Syrie n’ont fait qu’élargir les territoires contrôlés par les terroristes, selon le porte-parole du Kremlin. La longue opération de la coalition menée par les Etats-Unis en Syrie n’a pas affaibli l’Etat islamique, au contraire, le territoire contrôlé par les terroristes s’est élargi, a déclaré aux journalistes jeudi le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov. « Il convient de se rappeler qu’avant le début de l’opération des forces armées russes visant à soutenir l’armée syrienne, la coalition, composée de différents pays avec à leur tête les Etats-Unis, a mené pendant une longue période des frappes contre les positons considérées comme celles de l’EI. Mais ceci n’a pas débouché sur la réduction des territoires contrôlés par ce groupe terroriste et ses analogues, au contraire, ce territoire a été multiplié, ce qui déstabilise la situation en Syrie et présente évidemment une menace pour la République turque », a indiqué M. Peskov. Les activités de la Russie en Syrie visent à assurer la stabilité et la sécurité près des frontières turques, a-t-il souligné. Les forces armées russes effectuent, depuis le 30 septembre, des frappes ciblées contre les sites des terroristes. Le 7 octobre, des missiles russes ont également été tirés sur les sites de l’EI depuis des navires en mer Caspienne. Les missiles ont notamment frappé des usines de production d’obus et d’explosifs, des postes de commandement, des dépôts de munitions, de combustible et d’armes, ainsi que des camps d’entraînement des terroristes.

Psychologie: où tout est compliqué

les partisans du moi mêlent les hypothèses métaphysiques à l’observation psychologique, et concluent trop précipitamment de l’existence d’un vinculum à celle d’un vinculum substantiale qui dépasse l’expérience. Il y a pourtant dans leur thèse une chose qu’on peut retenir: c’est que, dans tout acte de connaissance et de conscience, on ne doit pas exclure le sujet et méconnaître l’originalité de cette notion. Le sujet ne peut se connaître que dans ses sensations et dans ses modifications, non à part, cela est vrai; il ne se saisit pas comme un être qui n’aurait aucune manière d’être; mais d’autre part il ne peut concevoir ses manières d’être comme détachées. La multiplicité qui est dans notre conscience n’est pas une multiplicité physique, comme celle d’un agrégat dont les parties peuvent subsister chacune en elle-même, d’un «morceau de quartz;» c’est une relation d’un autre genre, qui ne peut se confondre avec celle de juxtaposition, de simple coexistence physique, de succession numérique; voilà pourquoi nous la posons à part comme étant la relation originale de la conscience à ce qu’elle saisit, l’aspect subjectif impliqué même par l’aspect objectif. Plus on montre l’impossibilité de mettre d’un côté le sujet et d’un autre côté ses manières d’être, plus on élève au-dessus de toute relation numérique et mécanique la relation incompréhensible de la conscience à ses manières d’être. Aussi l’école anglaise a-t-elle reconnu elle-même qu’il y a là quelque chose de spécial, d’irréductible aux phénomènes purement extérieurs et mécaniques. Stuart Mill finit par dire: «Le lien ou la loi inexplicable, l’union organique qui rattache la conscience présente à la conscience passée qu’elle nous rappelle, est la plus grande approximation que nous puissions atteindre d’une conception positive de soi. Je crois d’une manière indubitable qu’il y a quelque chose de réel dans ce lien, réel comme les sensations elles-mêmes, et qui n’est pas un pur produit des lois de la pensée sans aucun fait qui lui corresponde. A ce titre, j’attribue une réalité au moi,—à mon propre esprit,—en dehors de l’existence réelle des possibilités permanentes, la seule que j’attribue à la matière: et c’est en vertu d’une induction fondée sur mon expérience de ce moi que j’attribue la même réalité aux autres moi ou esprits.»—«Nous sommes forcés de reconnaître que chaque partie de la série est attachée aux autres parties par un lien qui leur est commun à toutes, qui n’est que la chaîne des sentiments eux-mêmes: et comme ce qui est le même dans le premier et dans le second, dans le second et dans le troisième, dans le troisième et dans le quatrième, et ainsi de suite, doit être le même dans le premier et dans le cinquième, cet élément commun est un élément permanent. Mais après cela, nous ne pouvons plus rien affirmer de l’esprit que les états de conscience. Les sentiments ou les faits de conscience qui lui appartiennent ou qui lui ont appartenu, et son pouvoir d’en avoir encore, voilà tout ce qu’on peut affirmer du soi,—les seuls attributs possibles, sauf la permanence, que nous pourrons lui reconnaître.» Spencer, lui, s’aventure plus loin: «Comment la conscience peut-elle se résoudre complètement (selon Hume) en impressions et en idées, quand une impression implique nécessairement l’existence de quelque chose d’impressionné? Ou bien encore, comment le sceptique, qui a décomposé sa conscience en impressions et en idées, peut-il expliquer qu’il les regarde comme ses impressions et ses idées?» Spencer, il est vrai, revient dans sa Psychologie à l’objection du moi séparé, et fonde même l’illusion du libre arbitre sur l’illusion de cette séparation. Il donne au problème la forme du dilemme suivant: «Ou le moi qui est supposé déterminer et vouloir l’action est un certain état de conscience, simple ou composé, ou il ne l’est pas. S’il n’est pas un certain état de conscience, il est quelque chose dont nous sommes inconscients, quelque chose donc qui nous est inconnu, quelque chose dont l’existence n’a et ne peut avoir pour nous aucune évidence, quelque chose donc qu’il est absurde de supposer existant. Si le moi est un certain état de conscience, alors, comme il est toujours présent, il ne peut être à chaque moment autre chose que l’état de conscience présent à chaque moment… Ainsi, il est assez naturel que le sujet des changements psychologiques dise qu’il veut l’action, vu que, considéré au point de vue psychologique, il n’est en ce moment rien de plus que l’état de conscience composé par lequel l’action existe.» Ce dilemme est ingénieux, mais pas assez pour ne point laisser échapper la vraie question. En ce qui concerne le premier terme du dilemme, le sujet à fond inconnu et inconscient, il n’est pas de tout point «absurde» d’en supposer l’existence. Les Kantiens pourront, en effet, appuyer cette hypothèse sur le principe de causalité, et Spencer vient lui-même de dire, en termes trop substantialistes qu’il est difficile de se figurer des impressions sans «quelque chose» d’impressionné. C’est précisément par là que Kant aboutissait à son moi-noumène, à son moi-transcendant, lequel d’ailleurs peut n’être, au fond, que l’organisme même ou la loi inconnue qui en relie tous les phénomènes en un tout organique. Il eût fallu discuter cette hypothèse. Quant au second terme du dilemme, le moi conscient, en admettant que nous ne soyons à chaque instant «rien autre chose que l’état de conscience présent» il reste toujours à savoir ce qui est contenu dans cet état de conscience; or, l’expression même que Spencer emploie implique un état et une conscience; l’état est particulier et passager, les partisans du moi demanderont s’il n’est pas l’état d’une conscience générale et durable, comme «la conscience de la force absolue» dont Spencer lui-même nous gratifie. Outre les états de conscience, il y a au moins la loi qui les relie, et cette loi a elle-même un fondement dans quelque réalité; les partisans du moi pourront donc encore demander si cette réalité n’est pas précisément la conscience même, le moi conscient. Enfin, que la conscience soit une simple forme ou le fond même de l’être, toujours est-il qu’elle est la condition sine qua non de la pensée et de la sensation même: elle est un élément sui generis, d’une incontestable originalité. Qu’on réduise tout en nous à la sensation, peu importe, car la sensation enveloppe cette chose elle-même à la fois si étrange et si familière: une conscience, un sujet immédiatement présent à lui-même, une pensée qui, en pensant autre chose, se pense elle-même plus ou moins confusément. L’existence de la pensée et de la conscience est l’infranchissable limite du mécanisme purement géométrique. Au reste, Spencer lui-même, dont la doctrine n’est pas toujours bien consistante, conclut sa psychologie en disant que, si tout ce qui est dans le sujet pensant ne peut être pensé qu’en termes d’objets, d’autre part les termes d’objets ne peuvent être saisis qu’en termes de sujet. M. Taine, à son tour, reconnaît l’antériorité logique du subjectif sur l’objectif, du mental sur le mécanique, puisqu’en définitive nous ne connaissons rien que dans et par la conscience, dans et par le sujet qui se pense en pensant toutes choses.

L’Italie mise sur les fondations et l’économie solidaire

Si les fondations peuvent être en partie qualifiées de composantes de l’ESS, toutes les organisations de ce type ne s’inscrivent pas dans cet esprit. Dans certains pays, on distingue les fondations d’utilité publique et les fondations privées (Gijselinckx & Develtere, 2006). Les fondations d’utilité publique poursuivent un objectif public désintéressé et donc servent les intérêts de la collectivité. Dans le cas des fondations privées, l’objectif est également désintéressé mais peut être de nature privée ; c’est alors que leur appartenance à l’ESS peut être plus discutable. Par ailleurs, certains auteurs voient une relative contradiction entre les activités (souvent de grandes entreprises multinationales) qui génèrent les ressources et les finalités philanthropiques dans lesquelles une partie de ces ressources sont investies. L’absence de gouvernance participative de la plupart des fondations et les critiques classiques adressées à ce secteur (y compris les raisons supposés à la base de la création de certaines fondations – tels que marketing, évasion fiscale, vanité) (Prewitt, 2006) pourraient faire partie des arguments en défaveur de l’affiliation des fondations à l’économie sociale. Pourtant, certaines fondations sont considérées comme affiliées à l’ESS. On peut citer le European Foundation Center (basé à Bruxelles) dont la mission est de renforcer le financement indépendant des organisations philanthropiques européennes. Elle rassemble plus de 230 organisations issues de 40 pays et inscrit explicitement sa raison d’être dans l’économie sociale. S’inscrit dans la même logique le Comité Européen Permanent des Coopératives, associations, mutuelles et fondations (également appelé Social Economy Europe), dont la mission consiste à renforcer la reconnaissance politique et juridique de l’économie sociale au niveau européen ; il comprend l’économie sociale en incluant de manière explicite les fondations. L’affiliation des fondations à l’économie sociale demeure un débat ouvert auquel on ne peut probablement apporter aucune réponse définitive en raison de la diversité et de la nature parfois contradictoire des diverses formes juridiques des fondations. Pour distinguer les fondations affiliées à l’économie sociale des autres types de fondations, nous allons étudier les caractéristiques communes des organisations et entreprises sociales et solidaires, et plus particulièrement la nature démocratique de leur processus décisionnel. Source: séminaire en Italie.

Blatter couvert de faux billets

Le président de la Fifa n’a pas vraiment apprécié sa conférence de presse. Juste avant d’annoncer la date de l’élection de son remplaçant suite au scandale de corruption, Sepp Blatter a été aspergé de faux billets par un humoriste britannique. La dernière conférence de presse de la Fifa a été quelque peu mouvementée, lundi 20 juillet. Alors que le président Joseph Blatter était sur le point d’annoncer la date choisie pour l’élection de son successeur, un humoriste britannique a fait irruption dans la salle. Simon Brodkin, connu pour ses émissions à la télévision anglaise, est apparu déguisé en Lee Nelson, un des personnages qu’il a créés pour réaliser des canulars. Il s’est ensuite approché du président de la Fifa en lui tendant de faux billets de banque, puis en jetant en l’air d’autres dollars. Visiblement surpris par cette irruption, Sepp Blatter s’est montré paniqué. « Où est ma sécurité ? », a-t-il demandé sur un ton agacé. « On va devoir nettoyer ça ou je ne serai pas capable de m’exprimer. Cela n’est pas acceptable, cela n’a rien à voir avec le foot. Nous sommes ici pour parler football. Je dois donc retarder cette conférence de presse », a-t-il ensuite expliqué alors que Simon Brodkin était évacué par le service d’ordre. Dans la journée, l’humoriste a ensuite posté une photo de son action avec le commentaire suivant : « Ravi d’être au siège de la Fifa pour rencontrer Sepp Blatter afin d’obtenir le Mondial 2026 en Corée du Nord ». Il faisait ainsi allusion aux récents scandales de corruption autour de l’attribution des dernières Coupes du monde en Russie et au Qatar en 2018 et 2022. Fin mai, Sepp Blatter, avait été réélu pour un cinquième mandat à la tête de la Fifa, poste qu’il occupe depuis 1998, en dépit de ce scandale planétaire qui venait tout juste d’éclabousser son instance. Quatre jours plus tard, le 2 juin, il avait finalement décidé de démissionner, ajoutant toutefois qu’il restait en poste le temps d’organiser de nouvelles élections. Dix minutes après l’irruption de Simon Brodkin, le dirigeant de la fédération internationale a enfin pu annoncer que la date du 26 février 2016 avait été choisie pour élire le futur président de la Fifa.