Abbeville devient ville aérienne

Dès jeudi, si la météo le permet, plus d’une vingtaine de planeurs devraient survoler la Picardie. La section vol à voile de l’aéro-club organise en effet le premier championnat régional des Hauts de France, qui se poursuivra pendant le week-end de la Pentecôte. « Cela fait un an que nous préparons cette compétition. Cela demande beaucoup de travail », confie le président de la section, Mathieu Caudrelier. Une soixantaine de personnes sont attendues sur le terrain : concurrents, dont huit jeunes du club abbevillois, et accompagnateurs. Chaque jour, ils auront un circuit imposé à parcourir, de 250 à 400 km de distance, au départ d’Abbeville. Lors du briefing, les organisateurs leur donneront la liste de points GPS par lesquels ils devront obligatoirement passer. « Pour le vérifier, nous avons des traqueurs dans les planeurs. Chaque pilote doit revenir au terrain. Sinon, il perd des points. » Les épreuves seront définies en fonction des conditions météo : vitesse, distance, durée. « Le décollage aura lieu entre 12 h 30 et 14 h 30 et le retour entre 17 et 19 heures. Ce seront les moments les plus impressionnants. » Pour les curieux, « ce sera l’occasion d’assister à un grand rassemblement de planeurs, en toute sécurité », insiste Mathieu Caudrelier. Des animations seront également proposées toute la journée sur le terrain : « C’est aussi une grande fête du planeur. » Au cours de ce même week-end, l’aéro-club accueille un grand rassemblement de Chipmunk : « Des avions d’entraînement qui étaient utilisés par les Anglais après la guerre », indique Jean-Jacques Monvoisin, président de l’aéro-club. Qui annonce : « Nous aurons une trentaine d’appareils qui viendront de toute l’Europe, pour faire des vols en formation. » Ces passionnés sont entraînés par d’anciens pilotes de chasse ou de ligne. Car cette discipline nécessite beaucoup d’attention et des heures d’exercices. Jean-Jacques Monvoisin sait de quoi il parle, puisqu’il est le chef de la patrouille d’Abbeville : quatre pilotes qui volent en formation au-dessus d’Abbeville lors des cérémonies patriotiques. Les Chipmunk arrivent les uns après les autres sur le terrain jusqu’à ce mercredi. Ils commenceront ensuite les entraînements. Le spectacle sera là encore au rendez-vous. Finalement, ce n’est pas un défaut d’être tête en l’air. L’aéro-club d’Abbeville organisera aussi des journées portes ouvertes, les samedi et dimanche de la Pentecôte, de 10 à 20 heures. « Les gens pourront se promener dans les hangars, voir nos avions de collection, les planeurs, les simulateurs de vol. Nous proposerons aussi des baptêmes de l’air », détaille Jean-Jacques Monvoisin. Et les visiteurs pourront se renseigner sur le brevet d’initiation à l’aviation ou les cours de pilotage. La société Ludair, sur le même site avec ses ULM, sera également de la partie. L’aéro-club reçoit une autre grande manifestation en juillet : la coupe Schneider, du 13 au 16 juillet, organisée par l’aéro-club Royal britannique. Elle se déroule par étapes dans plusieurs pays et réunit généralement une vingtaine d’avions. C’est une course à handicap : l’avion le plus lent décolle le premier, et ainsi de suite, puis les concurrents doivent voler une heure suivant un circuit défini. « Pour nous, c’est l’occasion de faire vivre le terrain. » Source : Pilotage Avion.

Double cérémonie funèbre

Aux États-Unis, des inconnus ont ouvert le feu sur une cérémonie funèbre, tuant deux personnes et faisant huit blessés. D’après la CNN, au moins deux personnes ont été tuées et huit ont été blessées suite à des tirs sur une procession funèbre dans la ville américaine de Chicago. Des gens étaient rassemblés dimanche soir pour honorer la mémoire d’un homme tué ce jour-là en raison de la violence des gangs. Selon la police, deux personnes ont ouvert le feu à la mitraillette sur la procession. Un représentant de la police locale a annoncé que cet incident était considéré comme une vengeance pour le meurtre d’un membre d’un autre gang. Auparavant, le président américain Donald Trump a déclaré que la situation criminelle à Chicago était hors de contrôle. D’après lui, plus de 4 000 personnes ont été tuées ou blessées des armes à feu dans cette ville en 2016.

Le dilemme de la sécurisation des aéroports

Le renforcement de la sécurité dans et aux abords des aéroports s’avère très complexe et coûteux. «Les dix travaux d’Hercule pour arriver jusqu’à son siège. Les passagers arrivent déjà dans l’avion très énervés par les contrôles à l’enregistrement, imaginez ce que ce sera s’ils en ont subi plusieurs avant ceux qui existent déjà.» Ce spécialiste de la sécurité aéroportuaire vient de résumer le dilemme auquel sont confrontés non seulement les aéroports comme Orly et Roissy, mais aussi la plupart des aéroports européens. Depuis les attentats de Bruxelles le 22 mars 2016 et d’Istanbul le 28 juin 2016, rien n’a vraiment changé, en matière de sécurisation des aéroports. «Tout est sur la table mais personne ne tranche la question», affirme cet expert de la sécurité aérienne. Au centre des interrogations, le contrôle aux abords des aéroports, en dehors des bâtiments, avec la crainte qu’il ne crée des files d’attente vulnérables en cas d’attaque terroriste. Le renforcement de la sécurité doit relever trois défis. À commencer par la question de la liberté d’aller et venir des biens et des personnes. «Dans les pays du Sud, et singulièrement dans les pays d’Afrique, certains pays du Maghreb ou en Chine, des checkpoints sont déjà installés à deux kilomètres de l’aéroport. De plus, l’une des règles pour entrer dans la zone aéroportuaire est celle d’“une personne pour un billet d’avion”. Un premier tri auquel ne sont pas forcément prêts les passagers. Ne serait-ce qu’à cause de l’aggravation des embouteillages que cela engendrerait aux abords de certains aéroports», affirme cet expert qui relève l’obsolescence de certaines infrastructures aéroportuaires. Il rappelle que les aéroports parisiens, notamment, continuent de vivre dans «la plus grande pagaille. Il n’y a qu’à voir les zones de retrait de bagages, celles de desserte des taxis, et maintenant des VTC et des taxis-motos.

Richesse des vignes de Pauillac

La Société d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer) Aquitaine Atlantique publie chaque année sa synthèse annuelle du marché foncier. Les chiffres seront présentés le 4 avril prochain à l’occasion de la 10e conférence départementale du foncier rural. La Tribune s’est procuré ces chiffres, toujours très intéressants lorsqu’on s’attache notamment au volet viticole car il donne une bonne vision du prix des vignes et des terres. Les prix moyens constatés en 2016 correspondent à des vignes plantées en bon état et d’âge moyen. Il ressort que Pauillac, stable, domine le classement avec 2 M€/ha, suivi de Pomerol qui poursuit sa hausse, s’affichant à 1,3 M€ (contre 1,1 M€ en 2015). « Les opportunités à Pomerol restent très rares et portent souvent sur des surfaces confidentielles, ce qui induit immanquablement une augmentation des prix moyens », analyse la Safer. Saint-Julien Margaux est 3e avec 1,2 M€ / ha et reste stable. Sous la barre du million d’euros l’hectare, arrivent ensuite Pessac-Léognan (450.000 €/ha), Saint-Estèphe (300.000 €/ha), Saint-Emilion (230.000 €/ha) puis Lalande de Pomerol (200.000 €/ha). Tout au fond du classement, les liquoreux de la rive droite de Bordeaux ferment la marche avec 15.000 €/ha). Plus globalement, Saint-Estèphe, Bordeaux en blanc comme en rouge, Graves en blanc comme en rouge, Pomerol, Saint-Emilion, Fronsac et Canon Fronsac, Castillon/Francs Côtes de Bordeaux, sont orientés à la hausse. « En Libournais, le prix des AOC Fronsac et Canon Fronsac poursuit sa progression à la faveur de l’engouement, déjà décrit en 2015, des investisseurs chinois qui ont fini par raviver l’intérêt des acteurs locaux sur les meilleurs terroirs notamment », ajoute l’organisme, soulignant également que les appellations Graves et Médoc tirent également leur épingle du jeu. La Safer Aquitaine Atlantique note que le marché foncier rural girondin est globalement en progression par rapport à 2015, particulièrement en valeurs (+ 42 %) avec 16.082 hectares vendus pour un total de 1.040 M€, imputant cette tendance « aux nouvelles obligations faites aux notaires qui impliquent un surplus d’informations en ce qui concerne en particulier les marchés non agricoles (résidentiel, construction, loisirs). Ces marchés sont ainsi en progression de + 37 % en nombre et de + 45 % en valeurs par rapport à 2015. » Cependant le marché des vignes poursuit sa baisse amorcée en 2014 avec une perte de 16 % des surfaces mises sur le marché et de 11 % en valeurs. Pour en savoir plus, allez sur le site spécialisé Cours Oenologie.

Les robots vont-ils prendre nos emplois

Le Conseil d’orientation pour l’emploi s’est penché sur la question de l’automatisation dans l’économie. Il ressort de son étude que la destruction d’emploi causée par la robotisation ne sera peut-être pas si étendue que cela. Les robots vont-ils prendre nos emplois dans un avenir proche ? À cette question un tantinet alarmiste, le Conseil d’orientation pour l’emploi apporte une réponse pour le moins rassurante : l’automatisation va certes remplacer des salariés dans un certain nombre de secteurs, essentiellement ceux ayant besoin d’une main-d’œuvre peu qualifiée, mais de nombreux métiers seront épargnés. Dans son rapport, l’instance dépendant du Premier ministre explique que « moins de 10 % des emplois cumulent des vulnérabilités qui pourraient en menacer l’existence dans un contexte d’automatisation ». Les agents d’entretien sont clairement les plus menacés : ils représentent à eux seuls 21 % de l’ensemble des métiers exposés à la robotisation de l’économie. Viennent ensuite les ouvriers qualifiés des industries de process et ceux, non qualifiés, de la manutention (6 % chacun), puis les ouvriers non qualifiés aux industries de process, les aides à domicile, les aides ménagères et les cuisiniers (5 % à chaque fois). Treize autres catégories de métiers sont mentionnées, toutes situées entre 2 et 4 %. Une bonne partie de ces emplois nécessitent des compétences manuelles. Au total, le Conseil estime que cette menace est réelle pour 1,89 million de salariés. Plus de 320 000 agents d’entretien sont exposés à cette révolution technologique, les autres catégories se situant entre 30 000 et 90 000 postes. Dans le cas des conducteurs de transport par exemple, la suppression pourrait affecter un peu plus de 48 000 personnes. Les cuisiniers ne sont pas épargnés. Il pourrait y avoir plus de 70 000 dans ce secteur.

En vacances!!!

Espionnage sur Air France

Connecte-toi, le ciel t’aidera. Comme le révèle Le Monde, les services de sécurité américains et britanniques auraient capté des milliers de conversations pendant les vols de dizaines de compagnies aériennes : Air France ne serait pas épargnée. Volez, vous êtes écoutés. Le Monde révèle que la NSA américaine et son homologue britannique écoutent massivement les conversations téléphoniques passées à bord des avions de ligne. Pour les Américains, « il est moins question d’éthique que de protection du territoire », estime l’expert en cyberstratégie Yannick Harrel. Mais ils seraient plusieurs centaines de milliers de passagers à intéresser la NSA, selon le quotidien. Le spectre des cibles terroristes est alors largement dépassé. « C’est vrai qu’autrefois il y avait des brouilleurs, donc quand les communications ont été autorisées [en vol, ndlr], pourquoi la NSA se serait-elle privée de ce qu’elle faisait déjà, lors que les personnes étaient au sol? » Une aubaine pour les services de sécurité: de plus en plus de compagnies permettent aux passagers de téléphoner en plein vol. Les Britanniques ont mis en place un système qui permet de collecter « tout le trafic, voix et data, métadonnées et contenu des connexions à bord des avions », sur certaines zones. Et même sans téléphoner, les données fuitent: simplement allumé, le téléphone est localisé, l’interception est croisée avec le registre des listes de passagers: « En termes d’éthique, c’est toute la question des données personnelles. Du consentement préalable des personnes qui prennent des vols et la création d’un fichier des passagers, réclamé depuis très longtemps » poursuit l’expert. Le fameux PNR (« passenger name record », fichier des passagers aériens) actuellement à l’étude ne va-t-il pas alimenter la curiosité vorace de services indiscrets?: « Oui, c’est pour cela que les américains demandent à y avoir accès, mais ça pose problème au niveau européen » explique Antoine Lefebure, spécialiste des technologies de la communication. Attention si vous entrez dans l’espace aérien américain. Les États-Unis appliquent un « principe d’extraterritorialité, depuis le Patriot Act notamment, qui entend protéger la vie des citoyens américains, en prévoyant l’arrivée ou le transit de dangers potentiels ». Les vols Air France et Air Mexico sont considérées comme des cibles potentielles de terroristes depuis la fin 2003 par la CIA. D’après le service juridique de la NSA, « il n’y a aucun problème légal pour cibler les avions de ces deux compagnies à l’étranger » et « ils devraient être sous la plus haute surveillance dès qu’ils entrent dans l’espace aérien américain ». Air France brandit son retard technologique pour démentir les accusations: les vols au sein de sa compagnie ne permettent pas les communications vocales. Mais pas besoin d’être en ligne pour être repéré.

La prochaine lutte des constructeurs automobiles

La lutte automobile devrait néanmoins s’accentuer lorsque le véhicule autonome verra le jour. La voiture devient en eet une composante parmi d’autres d’un service de mobilité et une nouvelle source de collecte de données, d’où le surnom de « smartphone à roues » que lui donne parfois la Silicon Valley. Pour faire face aux modèles économiques développés par les nouveaux entrants qui se rémunèrent en assurant l’intermédiation entre producteurs et consommateurs, les opérateurs historiques de transport en France cherchent à conserver un lien direct avec les clients en devenant eux-mêmes gestionnaires de plateformes collaboratives, afin d’orir un service de porte-à-porte (la SNCF développant par exemple son propre site de location de voitures entre particuliers, OuiCar). Quelle sera l’utilité sociale d’un déploiement massif du véhicule sans chaueur ? Du point de vue de l’individu, l’autonomisation devrait se traduire par un accès plus grand à la mobilité pour les personnes sans permis de conduire ou à mobilité réduite, telles les personnes âgées, handicapées ou vulnérables. Le véhicule autonome permet une ore de mobilité personnalisée et une desserte des territoires non couverts par les transports publics (zones périurbaines et rurales, dessertes de nuit ou en heures creuses). En outre, il restitue à l’usager, à des fins professionnelles ou de loisir, le temps aujourd’hui consacré à la conduite. Du point de vue de la collectivité, le véhicule autonome peut signifier une baisse des externalités négatives tels la pollution, les embouteillages et les accidents routiers. De nouvelles formes d’insécurité apparaîtront toutefois : conflits de véhicules autonomes entre eux ou avec des voitures traditionnelles, cohabitation à risque avec les piétons et les cyclistes, défaillances liées aux changements de mode de conduite, cyberdéfaillance, cybermalveillance, etc. L’accidentologie qui en résultera est inconnue, mais pour répondre aux attentes sociales son niveau devra être significativement plus faible que celui observé aujourd’hui. Source: les plus belles voitures

Ou en sont les hedge funds ?

Depuis 2009, l’indice Standard & Poor’s est passé du niveau 100 au niveau 300. L’indice de performance des hedge funds calculé par Hedge Fund Research (HFR) est à 150, à peu près au même niveau que l’indice global des obligations américaines. Le style de gestion des hedge funds représente l’archétype de la gestion active?: ils recherchent une performance absolue et non relative par rapport à un benchmark, et de surcroît décorrélée par rapport aux autres classes d’actifs?; ils ne sont pas réglementés par une autorité de marché dans la mesure où ils ne font pas appel public à l’épargne?; ils utilisent en général un fort effet de levier et peuvent investir dans n’importe quelle classe d’actifs cotés ou non cotés et vendre à découvert?; les gérants de hedge funds y investissent eux-mêmes leur propre argent pour des montants significatifs?; et, last but not least, leur rémunération est élevée, et de surcroît fortement indexée sur leurs performances de gestion, selon la fameuse norme “2 and 20”, c’est-à-dire des frais de gestion de 2?% des actifs sous gestion, et de 20?% des performances obtenues. “Le style de gestion des hedge funds représente l’archétype de la gestion active?: ils recherchent une performance absolue et non relative par rapport à un benchmark, et de surcroît décorrélée par rapport aux autres classes d’actifs” Et c’est là que le bât blesse, même si ces coûts de gestion sont sur une tendance baissière. Ainsi en 2015, le “2 and 20” fut en réalité “1,7 and 15?%” mais c’est encore beaucoup par rapport aux autres véhicules de gestion?: 0,77?% pour les fonds mutuels diversifiés, 0,68?% pour les fonds mutuels exclusivement actions et 0,54?% pour ceux exclusivement en obligations, et seulement 0,11?% pour une gestion passive dans des trackers actions. Les rémunérations pouvaient se justifier à l’époque glorieuse des pionniers de l’industrie, les George Soros, Paul Tudor Jones et Julien Robertson, et du modèle d’investissement popularisé par les fonds de dotation des grandes universités telles que Yale ou Harvard, qui ont généré une performance annuelle de 14?% pendant vingt ans autour des années 1990. Mais ces rémunérations apparaissent aujourd’hui très excessives par rapport aux performances évoquées plus haut. Comment justifier des niveaux de frais fixes de gestion de l’ordre de 2?% des actifs gérés dans l’environnement déflationniste d’aujourd’hui où les taux monétaires et obligataires sont proches de zéro?? Malgré tout, l’industrie des hedge funds semble encore très prospère. Au début des années 2000, HFR recensait l’existence de 3?102 hedge funds aux États-Unis gérant 456?milliards de dollars. Il y en a aujourd’hui 8?474 gérant près de 3?000?milliards de dollars. Mais après le flux semble poindre le reflux. Trimestre après trimestre, des investisseurs sortent des hedge funds et pour des montants significatifs. L’âge d’or de l’industrie semble appartenir au passé. “Comment justifier des niveaux de frais fixes de gestion de l’ordre de 2?% des actifs gérés dans l’environnement déflationniste d’aujourd’hui où les taux monétaires et obligataires sont proches de zéro??” Avec un nombre de fonds et des montants gérés aussi importants, il est de plus en plus difficile de faire la différence, d’autant que la qualité des gérants s’est amoindrie. Une preuve supplémentaire d’une certaine efficience des marchés financiers.

La féminisation du business

Première actualité?: un ministre de l’Economie qui, à propos de la rémunération des dirigeants, tance cette gouvernance des conseils d’administration des grands groupes qui ne représente pas suffisamment les intérêts des actionnaires, leurs idées exprimées en assemblée générale. La seconde actualité concerne une révolution silencieuse mais fondamentale qui, justement, transforme radicalement la composition de ces conseils en obligeant à les féminiser à 40?% d’ici à la fin de l’année. Cette introduction de diversités (âge, formation, expériences, façon de penser…) est un levier de transformation dont on mesure encore mal les conséquences, mais qui mettra sans nul doute fin aux rituels entre-soi basés sur le donnant-donnant qui anima longtemps l’activité de ces enceintes feutrées. Il reste certes du chemin pour respecter la loi. Mais cette dernière ne précise pas le vrai changement. Celui des véritables lieux de pouvoir à investir. Les comités de rémunération et de nomination. “Cette introduction de diversités (âge, formation, expériences, façon de penser…) est un levier de transformation dont on mesure encore mal les conséquences” Sans doute l’un des enjeux majeurs de ces assemblées générales qui réunissent actuellement les actionnaires. Et pourtant, ce n’est pas celui qui les animera le plus, loin de là. La féminisation à marche forcée des conseils d’administration est devenue une obligation légale depuis la loi Zimmerman (2001), puisqu’à la fin de cette année, les entreprises de plus de 500 salariés et réalisant plus de 50?millions de chiffre d’affaires devront impérativement compter 40?% de femmes dans leur conseil d’administration. Or selon une étude du chasseur de têtes Éric Salmon, début 2016, avant leurs AG, certains groupes étaient loin du compte?: 7?% de femmes au conseil de Lafarge Holcim, 16?% chez Airbus, moins de 19?% chez Essilor ou encore 20?% chez Casino, qui devra donc doubler cette proportion en quelques mois. D’ailleurs, seul un tiers des 60 premiers groupes français satisfont cette politique de quota qui passera leur conseil d’administration au rang des plus féminisés d’Europe. “Les nominations en cours dans les assemblées générales laissent penser qu’un grand nombre d’entreprises atteindront l’objectif de 40?% de femmes dans leur board” estime Éric Aubert, managing partner d’Éric Salmon Paris. Première conséquence de ce volontarisme, aussi talentueuses soient-elles, toutes les candidatures masculines sont donc récusées au profit d’un conjoncturel monopole féminin… venant compenser, il est vrai, un autre monopole beaucoup plus ancien. Mais les conseils ont, simultanément, trois autres contraintes à satisfaire en plus du genre des administrateurs/trices. Rajeunir des conseils dont la moyenne d’âge est des plus respectable, tout en les internationalisant – mondialisation oblige – et surtout en leur donnant une coloration beaucoup plus moderniste pour négocier le virage digital, puisque ce domaine est devenu si stratégique. “Les conseils ont, simultanément, trois autres contraintes à satisfaire en plus du genre des administrateurs/trices. Rajeunir des conseils dont la moyenne d’âge est des plus respectable, tout en les internationalisant et surtout en leur donnant une coloration beaucoup plus moderniste pour négocier le virage digital” Trois missions prioritaires rassemblées sur les épaules de ces nouvelles arrivantes, dont on ne peut dire qu’en amont, les viviers sont d’une richesse débordante. Tant le profil recherché est exigeant. Voilà pourquoi plus d’un tiers – 36?% – des femmes choisies vient de l’étranger. Tandis que les viviers des Comex, cible des chasseurs, ne sont pas d’une générosité phénoménale, tant en amont les très hautes responsabilités des comités de direction se déclinent rituellement au masculin. Pourtant, sur l’exigeant cahier des charges définissant chaque recherche, il est indispensable de cocher la case “responsabilités opérationnelles”, lesquelles font figure de must. Si l’on trouve peu de responsables marketing ou RH parmi les candidates choisies, “40?% des femmes viennent de la finance. Ce sont des bûcheuses à qui on demande de vérifier les comptes” constate Lorraine Kron-du-Luart chez Éric Salmon. Pointant au passage une différence radicale avec les candidats?: “Si les hommes ne doutent vraiment de rien, les femmes s’autolimitent et brident leurs ambitions, même les plus brillantes des multidiplômées”. Pour compenser la sécheresse des viviers classiques et jouer la carte d’une diversité enrichissante, la chasse se joue du côté des jeunes femmes entrepreneuses, aux premiers rangs de la mutation digitale. Bonne façon de satisfaire les exigences de ces rares profils. Si aujourd’hui, la finance demeure la voie royale, déjà empruntée par Patricia Barbizet, Dominique Senequier ou encore Virginie Morgon, les autres gisements de candidats relèvent de pistes autrement moins balisées, selon une typologie dressée par ces professionnels du search?: les “corporate” – 4 sur 10 – ayant déroulé différentes facettes de leur carrière dans de grandes organisations (Valérie Bernis, Cathy Kopp, Mouna Sepheri), les “outsiders” – 10?% – apportant par leur parcours une expertise disruptive (Yzeulis Coste, Virginie Calmels, Claudie Haigneré), les “personnalités” – 10?% – incarnant un engagement des femmes dans la société civile (Laurence Parisot, Mercedes Erra, Cherie Blair), et enfin “les héritières” (F. Bettencourt, E.?Badinter, M.?Bolloré…) qui ont leur nom comme viatique.